L'Interview exclusive !

A l'occasion de la sortie de son nouvel album Technoïde Lighters, petit entretien avec Michaël alias ''SleepingWater'', Dj et compositeur Marseillais plutôt cool !

Commençons par le commencement ! Qu'est ce qui t'as amené à la musique électro et comment t'es venu l'envie de composer ?    

Et bien au commencement, il y a eu la musique... Je suis mélomane depuis mon plus jeune âge, mon père l'était aussi et m'a transmis le virus. Tant mieux d'ailleurs ! J'ai vraiment écouté de tout : du classique au punk trash, en passant par la funk, le disco etc... Au départ, l'électro ne m'attirait pas plus que ça : j'étais plutôt Hip-Hop. J'ai eu un premier contact avec la Trance avec l'émission de Maxx, sur Fun Radio. Et puis j'ai grandi et je suis parti vivre à Paris. C'est à ce moment que j'ai découvert la House au Folie's Pigalle. Ce n'était pas loin de chez moi et j'ai eu un passe permanent trois années consécutives. A l'époque j'étais cuisinier. J'allais souvent faire un tour la bas en sortant du boulot... à cette heure ci, la plupart de mes amis étaient couchés.. Par la suite, j'ai découvert le Rex et de fil en aiguille, je suis devenu un véritable noctambule parisien. J'adorais les soirées Sweetpeak, les soirées Play, fameuses Raves organisées par Electric Rescue... un artiste qui m'a beaucoup influencé. S'en est suivit la Hongrie, pour le Sziget Festival : c'est la bas que j'ai eu le déclic ! J'ai vécu tellement de bons moments sur les dancefloors de ce festival, que j'ai décidé ''d'assuré la relève'' pour ainsi dire : passer de l'autre coté, essayer de donner autant de plaisir que celui que j'avais pu recevoir... Après quelques années de Djing, mon fils est né, j'ai alors calmé un peu les sorties. Je me suis acheté de quoi composer et c'est comme ça que ma carrière de producteur a commencé...

 

Lighters est une autoproduction totalement indépendante !  Est ce un choix volontaire de ta part ?

Oui et non... Au départ, je pensais sortir cet album sur un label. J'en avais trouvé un qui était vivement intéressé, mais l'histoire a mal tourné : le patron du label a conservé les morceaux pendant un an pour finalement m'annoncer qu'il n'irait pas au bout de ce projet et en profiter pour disparaître totalement. J'ai tout d'abord été très déçu d'autant qu'il ne m'avait communiqué aucune(s) explication(s), mis à part de vagues sous-entendus politiques qui n'avaient rien a voir avec la musique... Après ça j'ai décidé que je ne renoncerais pas. Je voulais aller au bout de ce projet de manière indépendante. J'ai souvent fait l'objet de fausses promesses, des mecs qui te disent qu'ils veulent un track mais ne le publient jamais... Au final, je trouve que l'indépendance est la meilleure solution me concernant, et puis, je ne suis pas très à l'aise avec le démarchage commercial des labels.

 

 

A une époque ou beaucoup d'artistes composent et produisent à tout va, dans le but principal de vendre, de quelle manière as tu abordé la création de ton album ? Quelle est ta vision du monde musical ?

C'est justement l'une des raisons qui m'a conduit à l'autoproduction. La plupart des labels de musique(s) électronique(s) cherchent des sonorités qu'ils affectionnent tout particulièrement. Et quand tu arrives avec ton album, on te propose souvent de n'en prendre qu'une partie. Si j'ai choisi ce format, plutôt que de faire des EP, c'est pour une bonne raison :  je pense que celui ci est mieux adapté à la découverte et à la présentation d'un artiste. Sur 11 morceaux tu bénéficies de plus de temps pour te dévoiler et tu as la possibilité de présenter des travaux assez différents les un spar rapport aux autres. Tu as plus de temps pour présenter un ''univers'' et surtout ,tu n'est pas obligé d'envoyer 4 tracks orientés dancefloor. Avec Lighters mon envie première était de revenir à une ''musique d'écoute'' : le bon vieux CD que tu peux mettre dans ta chaine Hifi et laisser tourner en musique de fond. De l'écoute à la cool. J'avais aussi envie de proposer une musique électronique plus souple et plus douce que celle sur laquelle on danse a longueur de soirée. Une alternative musicale s'appréciant également en famille... sans que mamie fasse la soupe à la grimace et sans provoquer la crise de tachycardie aux petits (Rires). D'ailleurs Lighters commence volontairement par un morceau d'Ambiant que j'ai composé avec Seve; Je pense que pas mal d'auditeurs seront surpris d'autant que ceux qui me suivent on l'habitude de m'entendre jouer des sets endiablés ! Mais encore une fois, le but de cet album n'est pas de faire danser les gens : simplement de leurs offrir un moment musical durant lequel ils vont pouvoir se laisser transporter par différentes ambiances et émotions.

Ma vision du monde musical est un peu identique a celle du monde actuel : c'est le business qui gouverne et ça me rend triste pare que je trouve que culturellement et humainement nous y perdons beaucoup... Heureusement la scène alternative ne se laisse pas faire et c'est possiblement pour ça que les sorties sont aussi nombreuses ! Ceux qui ne veulent pas entrer dans un moule font les choses par eux même et c'est tant mieux ! A Marseille il y a quelques beaux exemple de réussite indépendante, comme Chinese Man par exemple et nous avons aussi la chance d'avoir une partie des SP23 dans la région : ils représentent également un bel exemple en matière d'indépendance.


 

Tu mixes pas mal en soirées. Avec la sortie de ton album tu envisages de te mettre au live ?

A vrai dire ça fait un moment que j'y pense mais le format 1h/1h30 live ne m'attire pas trop. J'ai quand même quelques idées derrière la tête mais je m'amuse plus a faire des tracks, c'est moins long à composer et quand tu as fini, tu peux en commencer un autre complètement différent.... Tandis qu'avec un live, tu est tout de même obligé de garder un fil conducteur tout au long de la prestation. Avec tout les morceaux que j'ai déjà composé, j'y ai déjà penser mais pour le moment je n'ai pas encore pris le temps de passer ce cap.

 

Une description de ton set up ?

Je travail beaucoup avec Machine Studio. J'ai également quelques machines analogiques, une Yamaha RM1X, deux petites Korg et une Roland 303. Avec tout ça j'ai déjà un panel de possibilités quasi infini...

 

Des projets à venir ? Comment tu vois ton évolution dans la musique ?

Et bien on aimerait faire un album Ambiant avec Seve qui est ma partenaire au sein du duo Images 'in Air (il est déjà bien avancé). On avait envie de faire un live aussi mais pour le moment le temps nous manque. D'un point de vue plus personnel, j'ai encore deux idées d'album(s) et j'aimerais beaucoup monter un label. Etant donner que je suis papa, salarié, animateur radio et organisateur ça commence à faire beaucoup. Du coup je vais à mon rythme, je n'attends rien, je fais de la musique par plaisir et ça me conviens. Parfois les demandes se multiplient, et ce n'est pas dans ces moments la que je fais les meilleurs compos. De ce fait, l'autoproduction est une méthode qui me conviens bien; Elle qui me laisse l'opportunité de donner aux gens ce qui viens de moi et non pas ce que l'on me demanderais de donner autrement. Comme on dit : la liberté n'a pas de prix !

 

 

Le petit quiz musicale pour finir !

  • Un morceau pour commencer la journée ?

Agoria – Haiku, ça commence en douceur une bonne journée :)

 

  • Un morceau pour retourner le dancefloor ?

Ha ! Bah ça en vrai ça dépend de pas mal de choses, mais il y en a un que j'aime bien et qui fait bien son effet c'est Cube de Julian Jeweil ou en plus énergique, j'aime bien The prodigyEverybody in the place : ça commence à daté mais ça secoue toujours et j'aime bien ce track pour son énergie... à l'ancienne !

 

  • Un morceau que tu aurais aimé produire ?

The Sunshine Underground des Chemicals Brothers ou le remix de Worakls sur N'to avec le morceau Trauma, ou encore Dope d'Electric Rescue : pour moi ce sont tous des chefs d'œuvre avec un son bien positif. 

 

  • Si tu étais un morceau de musique  ?

Arf... c'est dur mais je pense que je vais dire ACAB de Acid division... histoire que les gens aillent découvrir ce qui sort du ventre de la scène alternative.

 

Merci à toi pour le temps que tu nous a accordé et pour ton super état d'esprit ! En te souhaitant un max de réussite avec ton album, qui en vaut la peine ! Big up !

Continuez la lecture avec la chronique consacrée au nouvel album de l'artiste !

 

Interview par Rog

Mise en page : Klark D

 

 

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