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Histoire de la musique électronique

Les expérimentations sonores de la RTF, avec Pierre Schaeffer

janvier 1, 2020

1948 est une date clef dans l’histoire de la musique occidentale. Pour la première fois, on ne composera plus simplement à l’aide de papier à musique, mais également à l’aide de machines. A la fin des années 40 et au courant des années 50, beaucoup de compositeurs de renom exploreront les ressources de cette nouvelle technologie de création.

Pierre Schaeffer était originaire de Nancy, né le 14 août 1910, et décédé aux Milles, près d’Aix-en-Provence, le 19 août 1995. Il était un ingénieur, un chercheur, un théoricien, un compositeur et un écrivain français. Il a également été homme de radio, fondateur et directeur de nombreux services. Il est considéré comme le père de la musique concrète et de la musique électroacoustique.

« Le miracle de la musique concrète, que je tente de faire ressentir à mon interlocuteur, c’est qu’au cours des expériences, les choses se mettent à parler d’elles-mêmes, comme si elles nous apportaient le message d’un monde qui nous serait inconnu. »

Pierre Schaeffer animera dès 1948, le Club d’essai de la radiodiffusion télévision française (RTF), haut lieu de création radiophonique expérimentale. Cette année sera pour lui une période d’expérimentation et de réflexion d’où surgiront des idées qui marqueront le demi-siècle à venir. En effet, il aura l’idée de composer une étude composée de bruits (même si l’idée n’était pas 100% nouvelle : voir le bruitiste Edgar Varèse, qui avait déjà ouvert la voie auparavant); mais il le fait en utilisant les ressources d’un studio radio, notamment des tourne-disques et des graveurs, en juxtaposant les sons eux mêmes, sans aucune partition… Ce fût une véritable révolution ! Il en résultera cinq études de bruit, dont la première est l’ Étude aux chemins de fer. La musique dite ”concrète”, est alors née.

Entre 1948 et 1949, Schaeffer s’entourera de nouveaux collaborateurs : Jacques Poullin pour la conception de machines spécialisées (Phonogènes, Spatialisateur) et Pierre Henry, qui sera le compagnon des créations les plus décisives, dont ”la Symphonie pour un homme seul” et ”le Bidule en ut”. C’est ainsi que sera créée la première équipe de recherche musicale, qui en 1951 reçoit un nom : le GRMC . De 1950 à 1954 beaucoup des grands noms de la composition défilent au Studio situé à Paris, lieu majeur d’une nouvelle élite de précurseurs.

Pendant ce temps-là, à Cologne, une autre aventure se joue : l’invention de la musique électronique.
Deux chercheurs musiciens, Meyer Eppler et Eimert, fonderont, en 1950, un autre studio, également dans une radio (la WDR) mais avec une perspective très différente. Les sonorités seront produites électroniquement, grâce à des oscillateurs de laboratoire, avec l’idée de maîtriser parfaitement les paramètres acoustiques que les instruments ne
contrôlent qu’approximativement : l’intensité et le timbre. Un futur grand nom de la composition donnera au studio de Cologne son prestige : Karlheinz Stockhausen.

Et voila qu’en l’espace de quelques années, naîtra non seulement une nouvelle manière de produire de la musique, à l’aide de machines, en lieu et place de partitions, d’instruments acoustiques et d’interprètes, mais également une nouvelle forme d’institution, qui rassemblera les divers compositeurs, techniciens et chercheurs afin de s’adonner à un tout nouveau type d’activité qu’on dénomme encore aujourd’hui : ‘recherche musicale’.

Voilou, j’espère que cet article de génération 3.0 vous a plu, la suite étant déjà écrite, elle sortira au fur et à mesure, dans les prochaines semaines. En attendant, si vous souhaitez approfondir le sujet, je vous redirige ici. Allez, on se retrouve très bientôt pour la suite de nos aventures, sur LeDiscographe.fr ! Peace !

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