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Artistes en une

Vinsz : artiste plasticien

Cela faisait un petit moment que nous n’avions pas mis d’artiste en avant sur LeDiscographe.fr. Mais dernièrement, j’ai eu l’opportunité de faire connaissance avec Vinsz, qui a notamment travaillé pour Cedrik Zimmermann, un producteur de musique électronique dont nous vous avions déjà parlé sur ce blog. C’est avec plaisir que je me suis entretenu avec lui. Vinsz n’est ni musicien ni photographe, mais plasticien ! Cool non ? Allez, sans transition, place à l’interview 🙂

Alors salut Vinsz et merci d’avoir accepté le jeu de l’interview, pour le blog LeDiscographe.fr ! Peux tu te présenter à nos lecteurs ?

Bien entendu. Vinsz, 42 ans, artiste plasticien depuis 1993, marié avec l’artiste Karotte. Ma première expo, c’était en 1995. Originaire du Nord, je vis et je travaille en Lorraine depuis 2003. J’ai débuté par une pratique artistique tout à fait particulière, qui consiste à fondre différents plastiques pour en faire des tableaux, ou des sculptures anthropomorphes incluant des circuits imprimés et divers composants électroniques. Des machines cassées pour réparer des corps en résine, que peuvent être des mannequins de vitrines.

Diverses sculptures sont nées de cette rencontre entre ces différentes matières. Tout comme de nouveaux ”objets de culte”. Le recyclage et le travail de ces matériaux hétérogènes est essentiel, aussi bien pour l’aspect que pour le propos que je souhaite transmettre par l’intermédiaire de ces tableaux et sculptures. Ces œuvres donnent le sentiment qu’elles sont issues d’un monde cataclysmique, voir post-cataclysmique (parfois dénommé ”biomécanique” et/ou ”cyberpunk’)’.

Tu as été sculpteur au départ, puis peintre et enfin dessinateur… Tu fais donc parti de ces artistes qui travaillent plutôt du côté visuel des choses n’est ce pas ? Qu’est ce qui t’a amené à ces diverses pratiques artistiques ?

En effet, je suis artiste plasticien, ce que l’on traduit en anglais par ‘visual artist’… Je suis sculpteur aussi.
Mes sculptures portent en elles un appel au touché, que je réserve dans les expositions, aux mal-voyants et aux aveugles. Les peintures aux cure-dents, et leurs gouttes qui forment un “braille graphique”, ont cette même prédestination.

En 2010, suite à une blessure, je me suis remis au dessin (j’ai beaucoup dessiné), histoire de rééduquer ma main. Et avant d’y arriver, j’ai pendant plusieurs semaines peint à l’aide de cure-dents et de pinceaux tenus à l’envers : que des points, des gouttes, et des tâches. Une technique ancestrale, comme on la retrouve en Amazonie, et chez les aborigènes. Et quand l’aisance revint enfin, j’ai ressorti les stylos afin de retrouver la souplesse des arabesques graphiques. Le dessin à l’encre sur papier, tel un travail de bureau de longue haleine, demande de la patience et de la minutie.

C’est carrément ouf ! Et quelle est la raison de ton côté ”touche à tout” justement, rapport à ces diverses disciplines ?

Plasticien, je rappelle cette dénomination. Qui est relatif à la forme. Cependant c’est aussi le terme générique de touche-à tout comme tu le dis si bien et selon moi. A la base, rien n’est impossible, rien n’est interdit, du moins lorsque je parle de médium, ou de moyen(s) d’expression. D’autre part, la culture de la fête, l’organisation d’une expo ou d’un vernissage, autant d’événements socio-culturels qui favorisent les rencontres. Par exemple, avec des artistes de tous bords et surtout, l’association Le Ban-Ban, avec laquelle on a organisé cinq festival consécutifs, entre 2014 et 2018. L’année dernière, en 2019, on a fait le festival ”L’art à la Base”, en collaboration avec la base de loisirs de Favières et l’association FORT ALTERNATIF. Tous les pans de la création artistique sont des voies à explorer.

Chapeau ! C’est très intéressant. Et sinon, quels sont les outils avec lesquels tu aimes le plus travailler ?

Plastiques, chalumeau. Papier blanc, et stylo-feutre neuf.
Et ce que je trouve. Dans l’absolu, je n’ai besoin de rien. Il y a toujours tout ce qu’il faut.

Ton travail est-il issu de sources d’inspirations particulières ?

Oulalah, oui évidemment, les sources sont nombreuses, mêmes si la qualité semble parfois douteuse^^ NDLR. je te livre tout ça en vrac :

Bien sur de très très nombreuses sources, graphiques et visuelles :

  • Peinture : René Richet, Karotte, Jan Van Eyck, Arnold Bocklin, Picasso, Dali, Vladimir Velickovic…
  • Sculpture : Umberto Boccioni, Rodin, JC Cronel, Guix, …
  • BD : Philippe Druillet, Moebius, Enki Bilal, Katsuhiro Otomo, Olivier Ledroit …
  • Ciné : Lost Highway de D.Lynch, Blade Runner, Aliens et H.R. Giger biensûr, Akira, Ghost in the shell …
  • Littérature : Dante La divine comedie, Gustave doré pour les gravures qu’il en a faite,
  • Photographie : Visites Interdites (urbex)
  • Tatouage : Jef Palumbo,

Les Huichols, Les Ashaninkas, Les Shipibos, Les Hopis, le Kufi… Je suis un gros fan de toutes leurs formes de représentation graphiques ! En matière de musique : Hypnoskull, Tunnel (ma K7 de 1999 HymenRec), Panacea, Photek, Autechre, David Holmes, Klinik… Beaucoup de Techno, de Hardcore, d’Industrial… beaucoup de musique ! D’ailleurs, je travaille en musique : la musique est quasiment émise en permanence à la maison et dans l’atelier^^.

Ancient Methods, Nekra Damage, Babaal, le label Culture Of Violence, Delphyne, The Greenchapel Studio, la musique live de Bruce & Stije, aussi individuellement, Toys For Noise, The Horrorist, M.Acardipane, Emmanuel Top, CJ Bolland, R&S Records… Des Sound Systems comme les 104E20, TDK, ZMK, LSG, FLF, Dyna des D-FaZé, Doctor Red (dub band), et aussi J-B BACH, Front242, Skinny Puppy, Ministry, NIN, Converter, Vromb, “BOB” and The Church Of Subgenius. Gamaldagz et Alain Le Menu, Manu Le Malin son frère ainé, Deep Purple, Marilyn Manson, Richard Gotainer, Franck Racket…

Je pourrais également ajouter : les portes de frigo avec des autocollants, les lieux-alternatifs, tout comme les free-party et autres raves, les graffitis, mais aussi Nowart, INTI, Alexandre Orion, Vhils, …

  • En matière d’Infographie ‘Cyberpunk’ : Yann Minh, Xavier Péron Calligraphy, Shine Royal, Maztrone
  • Les performances, Matthieu Exposito, Expopaix, Misa Hatsu…
  • La Géométrie… l’Histoire également !
  • Bien entendu, toutes mes amies et amis artistes, artisans, bricoleuses, bricoleurs avec ou sans prétention. En fait, j’aime tout. C’est tellement le bordel dans mes sources que je n’ai pas mieux pour résumer que de t’inviter à voir ce que je fais. Il y a des centaines d’albums photos sur ma page facebook VINSZone. Pour te donner une idée.
Et bien figures toi que j’y étais il y a peu et il y a vraiment de jolies choses ! Le lien est cliquable depuis la page de cette interview. J’ai cru comprendre que tu connais bien Cedrik Zimmermann, n’est-ce pas ? Peux tu nous parler des projets que tu as traité pour lui ? Est-ce le genre de pratiques que tu peux proposer à d’autres artistes en musiques électroniques ?

J’ai en effet rencontrer Cedrik il y a 15 ans : la rencontre était musicale, en live. Il était cerné par ses machines devant un drap blanc… J’ai tapé de la patte un moment et je suis passé derrière pour demander si avec quelques marqueurs je pouvais faire quelque chose pour ce drap. J’ai donc dessiner en direct sur de la musique émise en direct. A la fin de son set nous avons fait connaissance. Nous étions ce jour-là avec Karotte. Nous allions nous marier quelques semaines plus tard et nous l’avons invité à venir jouer pour la noce.

Délai trop court, mais il accepte de venir avec toutes ses machines enregistrer ses nouvelles tracks chez nous. C’est ce qui arrivera au cours de cet été là. Depuis, l’amitié s’est installée, nous avons fait plusieurs événements ensemble. Cedrik Zimmermann est entre autre venu à notre Festival Rosières aux Artistes, pour la sortie de son 1er opus ” Second Skin” sur Voyager 1 Records. Cedrik sait qu’il peut me solliciter pour illustrer ses productions, selon les styles défendus par les labels.

De macarons en pochettes vous avez croiser du VINSZ dans les productions de Cedrik (Cf: Cedrik Zimmermann album Lost in depths sur le label Voyager 1 Records). Que mon travail puisse illustrer la musique de mes amis est une vraie récompense à mes yeux. La récompense est telle que Cedrik m’a invité dans son studio pour y travailler avec ses outils, j’ai par conséquent pu intervenir comme plasticien avec de la matière sonore ! C’est dans le studio de Cedrik qu’est né “Unse” et la track ”Cure”, sous le regard avisé et l’oreille experte de Cedrik, je me suis éclaté de l’enregistrement de tous les sons à la composition de ce morceau qui est aussi largement inspiré de toutes les références citées plus haut…

Ensuite le maître a mastérisé et là Cedrik me dit :

Je vais le produire sur son label Voyager 1 Records.

Carrément ? Ok !

Et profitant de cette joie à partager, j’ai demandé à Cedrik si je pouvais confier la banque des sons à deux autres amis afin qu’ils en fassent un remix, un rework. Et puisque Cedrik m’a répondu ‘c’est parti !’, j’ai contacté mon Fidel Astro, qui m’a dit: “OK envoie !” Et un membre de Tricératops que l’on nomme Vanessa, qui m’a également répondu par la même affirmative. Cedrik a donc envoyé à chacun d’entre eux le package, et la track. A eux de jouer !

Quelques semaines et c’était prêt : prêt à poster sur les plateformes adéquates et voila ! Cure EP de Unse, avec un remix de Fidel Astro (que tu as présenter lors de ton dernier podcast) et un de Tricératops. un EP de pratiquement une demi heure de musique de l’espace, oh yeah^^ ! Le partage et la collaboration dans toute sa splendeur selon moi, merveilleuse d’efficacité à l’heure des données numériques. J’ai adoré l’expérience. Et ce n’était qu’une première, alors ? Heureux! Vivement la prochaine session chez Voyager 1 Records. J’ai quelques contacts pour renouveller le délire. Avec plaisir, je suis ouvert à tout échange, collab’ et sollicitation créative ou autre proposition du genre. Absolument, je suis pour. Faya !

Et bien ! Quelle histoire ! Et as-tu des projets en cours de route ? Tu peux nous en parler un peu ?

Quand j’aurai fini de répondre à cette interview, j’aurai déjà réalisé un gros projet de ce début d’année. Trois nouveaux tableaux sont nés avant que cette interview paraîsse. Sculpter, peindre, dessiner, tatouer mes ami(e)s , organiser un petit festival pour l’été dans mon village (c’est prévu pour juin 2020 d’ailleurs)… Un festival que j’organise depuis 6 ans avec “l’association le Ban-Ban” à Rosières aux Salines, en Lorraine. En ce moment même, je travaille également sur la deuxième scène au Psychobydub, c’est la scène ” Tracte Ta Joie “, sonorisée par FLF sound system (Psychobydub#11, ce sera le 08 Août 2020). Une initiative en cours avec Annias (un Dj/producteur de la Caroline du Nord). Un nouvel EP chez Voyager 1 Records.

Tu exposes tes œuvres dans des salons ou des galeries ? des dates éventuellement à nous proposer ?

Beaucoup de mes œuvres sont en effet exposées dans des salons, ceux de mes amis, et de ceux qui franchissent le pas. Au Pérou, aux Etats-Unis d’Amérique, en Espagne, en Belgique, en Allemagne, au Luxembourg, aux Pays-Bas… Mais aussi en Italie… et j’en ai eu aussi aux Emirats Arabe Unis. La majeure partie reste en France. Je n’en ai pas en Suisse, à ma connaissance, mais certains les cachent. En 2020, notre maison sera aussi notre galerie/atelier/musée permanent. Comme cela, en plus de VINSZ il y aura plein de KAROTTE ! Internet est ma meilleure vitrine. Mon travail voyage facilement. Les remises en mains propres favorisent les rencontres : restez connectés, on va vite se croiser.

Un ou des conseils à donner aux jeunes ou aux moins jeunes qui souhaiteraient se lancer dans les arts visuels, du type dessin, sculpture ou autre ?

Le premier : Fêtes! Faites! Fêtes!
Le deuxième : Tenez-bon!
Le troisième : Jusqu’à ce que mort s’en suive !

Et bien sur ce, je te remercie encore pour le temps que tu m’as accordé Vinsz ! Et je te laisse le mot de la fin !

Je finirai avec deux citations de Théodore Monod, la première :

“Mon père avait fait écrire sur sa tombe : Croire quand même, Espérer quand même, Aimer quand même.”

La seconde :

“L’utopie n’est pas l’irréalisable, c’est l’irréalisé.”

Et une citation d’Avida Dollars dit le Prosaïque :

“S’il vous faut travailler pour avoir de l’argent, moi l’artiste, j’ai besoin de beaucoup d’argent pour pouvoir travailler.”

Très joli : bravo ! Et bien merci pour toutes tes réponses, très complètes et très intéressantes au demeurant! Quant à moi, je vous retrouverai très prochainement pour la suite ! Si vous souhaitez en savoir plus sur l’univers de notre ami Vinsz, je vous invite à checker sa page FB ou son prote-folio car il fait vraiment du beau boulot ! Allez, à très bientôt, sur LeDiscographe.fr ! Peace !

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7 Comments

  • Reply
    VINSZ
    février 14, 2020 at 11:34

    Big Up mister Klark D.

    • Reply
      Klark D.
      février 14, 2020 at 2:08

      Merci beaucoup ! C’est un bel article, et en plus t’a explosé le compteur de partages sur FB ! Bravo poto ! 🙂

    • Reply
      VINSZ
      février 14, 2020 at 2:34

      Jai fait une boulette dans mon itw ” la deuxième scène au psychobydub c’est la scène ” Tracte Ta Joie “,sonorisée par FLF sound system

      • Reply
        Klark D.
        février 14, 2020 at 10:24

        Ok je regarde ça demain, histoire que ce soit justement ta parole, telle que tu voulais la retranscrire, qui soit mise en avant dans cette interview posée à l’écrit. M’en occupe en tout cas dès que possible niveau timing tkt 🙂

      • Reply
        Klark D.
        février 18, 2020 at 9:10

        J’ai modifié c’est fait.

  • Reply
    VINSZ
    février 17, 2020 at 1:00

    Prochaine EXPO : “INK READY BUBBLE” de VINSZ
    du 3 au 28 Mars 2020 @ Louisiana House of Ink à St AVOLD (57)
    https://www.facebook.com/events/502805233989837/

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