Le mapping à l'état pur !

Ils sont les 'faiseurs d'ambiances' dans nombre de soirées auxquelles vous participez et pratiquent leurs arts (mapping/Vjing/création de décors visuels) à la demande de multiples Sound Systems, que ce soit en Alsace comme ailleurs, en France métropolitaine. Je les avaient contacté en tout début d'année, et nous avons enfin réussit à concrétiser notre entrevue; Je me suis donc dirigé vers leur Q.G respectif en tout début du mois de Novembre 2018...

 

Comme indiqué dans le titre, on va vous parler des Uni-K ! Depuis le temps que j'entendais parlé d'eux, il était temps pour nous de leur rendre ce petit hommage ! Trois des membres des Uni-K m'ont accueillit dans leurs locaux : Loïc, Florien & Théo forment le trio de tête et font preuve d'un état d'esprit impeccable ! Deux autres personnes font également partie de l'équipe; Il s'agit de Zeul et Léo. Maxime étant un membre - honoraire - des Uni-K. "Humainement parlant", il s'agit la de l'une des rencontres les plus intéressantes et enrichissantes que j'ai vécu depuis un bon bout de temps ! Rien que pour cela, ça valait le coup de faire le déplacement ! Je les remercie encore pour le temps qu'ils m'ont accordé.

 

 

Loïc aura 32 ans le 19 Décembre 2018 (mes collaborateurs et moi même lui souhaitons d'ailleurs bon anniversaire !). Il est donc à ce jour le membre le plus âgé du trio tandis que Théo & Florien sont un peu plus jeune : vingt ans chacun. Comme ils me l'ont si bien expliquer par eux même : "deux générations se côtoient dans le crew". Il est vrai qu'une interaction positive opère entre eux trois; Le genre de synergie que tire tout le monde vers le haut, et qui ne peut exister uniquement lorsque l'on travaille avec des gens que l'on apprécie, quelque soit l'âge, qui soient ouverts d'esprits, tout en détenant une certaine forme de cool attitude ! Avec les Uni-K, on est y complétement ! Revenons ensemble sur l'histoire du crew :

L'histoire commença il y a cinq à six années en arrière, avec les membres originels qu'étaient alors Loïc, Maxime & Kevin. Loïc n'avait, à la base, rien d'un grand fêtard à l'esprit volontaire. C'est par l'intermédiaire de certaines connaissances (devenues ses amis), qu'il fait ses premiers pas dans le monde nocturne. Une étape de sa vie qu'il considère lui même comme un véritable parcours initiatique... et s'en était un ! Jusqu'à à l'âge de 27 ans, Loïc n'était pas très intéressé par les sorties du samedi soir. Au contraire, il était plutôt du genre geek et n'écoutait pas forcément masse de son(s) (les Daft Punk, entre autres, faisaient tout de même partie de sa discographie...). Certains événements dans la vie de notre principal protagoniste lui auront donné envie de changer un peu d'air. Après nombre de soirées Strasbourgeoises, (la Laiterie, le Molodoï), notamment en compagnie de Dyo, Seb et Maxime, il découvre les free party : le bouche à oreille ayant fait son travail, et chemin se faisant, Loïc s'imprègne de cette nouvelle culture et décide peu à peu de s'investir dans le mouvement (une histoire toute familière à mes yeux). Après quelques free's, un véritable déclic s'opère... Cependant, ce ne sera pas le seul ''déclencheur''  ! En effet, il participera par la suite à l'un des plus gros festival(s) Trance d'Europe : l'Ozora ! Les décorations splendides qu'il y découvrira ainsi qu'un système son parfaitement réglé auront raison de lui ! Une expérience sonore unique s'offre alors à Loïc et le constat s'imposera par lui même : '' la déco en free, ça manque vraiment !! '' 

 

- L'Ozora (édition 2015) -

 

L'idée est alors lancée ! Tout du moins, elle germe dans son esprit ! Il faut dire qu'à cette époque (pas si lointaine que cela), notamment dans les milieux underground courants, la mode n'était pas aux thèmes ornementaux, mais plutôt à la course aux kilowatts.. Loïc m'explique : "Il manquait quelque chose dans ces soirées ! je me suis dit qu'il fallait absolument pouvoir ramener en free party (et ailleurs), ce que j'avais en tête, et ce que j'ai vu ailleurs..." . A partir de la, ses diverses incursions dans le monde de la nuit se feront de plus en plus courantes... et les choses vont rapidement bouger ! Kevin souhaitant alors monter son propre Sound System lui proposera d'intégrer son groupe. Pour Loïc, c'était LE moment ou jamais de se lancer ! 

 

 

Un plan se met alors en place entre eux deux : tandis que l'un s'occuperait de la partie sonore, l'autre s'occuperait de la déco ! Loïc se lancera dans l'achat d'outils spécifiques, nécessaires à la production de ses premières décorations sur mesure (outillage Dremel, peinture(s), calques...). Il ne restait dès lors plus qu'à se lancer dans la conception de décors physiques et/ou lumineux ! Ils récupèreront également leur(s) premier(s) rétroprojecteur(s) et se mettront au travail dans la foulée... non sans peine d'ailleurs car comme Loïc me l'a si bien expliqué lors de notre entrevue : '' Pour ma part, à ce moment la, me servir de véritables outils, c'était déjà toute une aventure ! ''.  Quoi de plus normal quand on sait que notre ami est au départ laborantin de formation. Après tout, nous ne sommes pas tous/toutes à l'aise avec des outils spécifiques en main ! Cependant, comme pour beaucoup de sound system, les aléas inhérents au monde de la teuf, et la vie de manière générale, vont, au fur et à mesure, contre-carrer certaines de leurs ambitions... Le projet va peu à peu perdre de la vitesse...

 

 

C'est à cette période que les deux autres protagonistes de l'histoire débarquent. Il s'agit de Théo (qui avait déjà acquis de l'expérience au sein d'un autre sound system) et de Florien, qui après avoir vécu sa toute première free party, décidera de s'investir pleinement dans l'organisation des Uni-K. C'est ce que les membres actuels appellent 'la période post-Kevin' (je fais volontairement l'impasse sur certains détails de l'histoire, qui ne regarde pas le grand public). D'ailleurs, Flo & Théo se connaissent depuis le lycée.

 

''A partir de trois, on peut bosser convenablement !  C'est qu'il en faut des bras et des jambes pour assembler ces surfaces !''

 

Depuis que le trio s'est formé, leurs techniques de conception/production ont grandement évolué ! Des rétroprojecteurs utilisés au tout début, ils sont passés au vidéoprojecteurs, plus précis et qualitatifs pour l'envoi de mapping sur de grands supports. Pour Loïc, la question de la surface utilisée, rapport aux coûts de conception(s), de mise en œuvre (sans même parler de la manutention et du transport) s'est très vite posée. Il fallait trouver la ''meilleure solution''. Et ce n'est pas pour rien que le mapping a, jusqu'à présent, été privilégié rapport aux techniques de peintures et de menuiserie plus ''conventionnelles''... LA technique façon Uni-K, c'est décorer beaucoup avec peu de moyens ! Pour autant, certains projets peuvent nécessiter des semaines avant finalisation !

 

 

- Loïc en plein travail créatif -

 

Mais au final, comment fonctionne le mapping à la sauce Uni-K ? En fait, le crew utilise de grands panneaux de bois qu'ils découpent eux même. Après assemblage et mise en forme éventuelle, cette structure dans son ensemble peut enfin servir de réceptacle à la lumière. Ils envoient ensuite les images, à l'aide de leur(s) vidéoprojecteur(s), directement sur la surface avant des panneaux. Loïc : << Le mapping, c'est prendre une image et la calée sur une forme, un support >>. Toute la partie création numérique, la conception des illustration, les couleurs, ainsi que la partie Vjing, c'est Loïc qui la gère.

Théo et Florien quand à eux, s'occupent avant tout des travaux les plus manuels (si je puis dire ainsi) : conceptualisation physique, découpes, démontage/remontage & installation(s), amélioration des support pour le mapping, optimisation en tout genre : vous l'aurez compris, il ne s'agit pas de postes sans importance ! bien au contraire ! sans eux, pas d'Uni-K ! D'ailleurs, les concernant, sachez qu'ils sont en train de monter leur propre projet de sound system (j'ai d'ailleurs vu quelques caissons sur place en leur rendant visite); Ils récupèrent des caissons, les retapent et les équipent. Il investissent beaucoup de temps et d'argent pour que les Uni-K deviennent un véritable Sound System. C'est en tout cas l'un des objectifs que la bande se fixe (en dehors de la vidéo-projection, qui reste l'apanage exclusif de Loïc).

 

''L'idée étant que pour être un membre Uni-K, finalement, la condition c'est de savoir être autonome au sein du groupe.''

 

 

Si les trois compères connaissent un certain succès, ce n'est pas sans raison ! Dans le groupe, tout le monde apporte sa pièce à l'édifice, chacun a sa place et apporte de nouvelles techniques ou façon de travailler. De nouveaux process' également... c'est cette synergie dont je parlais tout en haut. L'émulation ! Les fixations des plaques découpées ont par exemple, grandement évoluées depuis l'arrivé de Théo & Florien! (Vis à bois à l'avant de la structure au départ -> fixations actuelles par l'arrière, à l'aide d'une longue tige filetée). Quand les Uni-K bossent sur demande d'un sound system (par exemple,) Loïc commence par élaborer le design général de la chose. Chaque sound system souhaitant travaillé avec eux peut décider d'un thème ou d'une illustration particulière pour la base. Dans ce cas de figure, le sound system en question peut proposer une illustration de départ; Elle servira à la conception numérique dans son ensemble. A partir de la, la bande s'adapte !

 

 

L'un des premiers gros projet Uni-K, beaucoup d'entre vous le connaissent déjà : ce sont les YEUX !  Pour ma part, il s'agit la d'un des exemples les plus probants en ce qui concerne l'évolution technique et artistique du crew. Il y a également ''Le Chat'' (basé sur le design du film Alice Aux Pays Des Merveilles, de Tim Burton)... une tuerie ! Ces projets culminent déjà très haut niveau technique et n'ont donc plus grand chose à voir avec les premières déco' fabriquées 'à l'ancienne'' (Totem, visages tribaux...).

 

 

Ces dernières sont dores et déjà ancrées dans le cœur des Uni-K;  Elle sont considérées comme des vestiges, des pièces de collection uniques qui sont aujourd'hui devenues possession d'anciens comme de récents arrivants dans le groupe. Des caissons font également partie de ces fameuses pièces ! La seule faille à l'actuelle technique Uni-K, ils me l'ont confiée eux même : c'est le fait qu'en plein jour, le décor reste 'blanc'. Deux raisons à cela : la première, peindre et dessiner sur de grandes plaques, c'est long. Cela demande énormément de temps de travail à l'équipe des Uni-K. Deuxième raison plus technique :

Un support blanc, c'est un support "vierge" pour la vidéo-projection. On peu y afficher n'importe quoi : un dessin de base pour commencer; On peu ensuite le déformer, le "fractaliser" à l'extrême, puis doucement revenir au dessin de base... Si il y avait un dessin peint directement sur la/les plaques, les Uni-K seraient bloqués par ce même dessin.  Impossible alors de modifier la vidéo (ou de la ''fractaliser'', d'après l'expression de Loïc), car elle ne correspondrait plus au dessin qui se trouve sur ces mêmes plaques. Le trio est en train de potasser une éventuelle solution, alors attendez vous à du nouveau dans un avenir plus ou moins proche (j'ai peut être même une idée à leur soumettre tiens !).
 

Florien, Théo et Loïc, ont énormément acquis en expérience ces cinq dernières années. Ce sont vraiment des gens sympa et ouverts d'esprit ! J'ai passé un bon moment en leur compagnie et je tenais encore une fois à les remercier pour le temps qu'il m'ont accordé. Pour les Sounds Systems, les sales de concerts, les sales auto-gérées (ou autres) qui aimeraient bosser avec eux : allez y les yeux fermés, ils sont pro dans leurs approches ! Ci-dessous, vous trouverez tous les liens nécessaires à cette fin. Bonne continuation à vous tous ! Et je souhaite à tout le monde de bonnes fêtes de fin d'année. Pour ma part, après une année très chargée, il est temps de prendre quelques jours à ne rien faire du tout... oui des vacances me feront le plus grand bien d'autant plus que l'année prochaine devrait être tout aussi intéressante que celle ci, pour les lecteurs du Discographe.fr. Peace ! :-) 

PS : j'espère vous revoir (les Uni-K), ou courant de l'été 2019... en soirée cette fois ci :-) On verra d'ici la !

 

- Merci à eux pour leur accueil :-) -

 


Klark D.

Crédits photos : Synesthesis / Uni-K + Samy M.

Les liens utiles :

 

Petites infos en supplément !

Concernant les personnes intéressées par la technique, voici quelques infos fournies par Loïc et sa bande. 

Privilégiez les Ansi Lumens élevés. Le rendu lumineux de la projection n'en sera que meilleur. Dans les gammes "grand publique" on trouve des vidéos projecteurs à des prix acceptables jusqu'à 5000 Lumens. Au-dessus, on passe dans une gamme professionnelle avec des prix exorbitants. À noter que dans la gamme grand publique, les vidéoprojecteurs sont conçus pour être posés à un endroit et ne plus en bouger. C'est du Matériel fragile, ils sont légers et en plastique. En conséquence, il faut en prendre soin, sous peine d'avoir rapidement des pixels morts. L'optique est fixe dans la gamme grand publique. Il faut donc s'en contenter, et s'assurer de l'optimisation de la distance entre le vidéoprojecteur et la surface sur laquelle on projette. Il existe des vidéoprojecteurs à focale courte, qui avec peu de distance vous permettrons de diffuser une image de très grande taille. Cela peut être pratique en salle. Un bon PC pour le jeux vidéo est un bon PC pour le mapping. Je déconseille fortement les PC portables : non-évolutifs, nombre de sorties vidéos réduites, soumis à une chauffe trop importante... Le meilleur choix consiste à  monter son propre PC au format tour (choisir ses composants). C'est l'assurance d'une possible maintenance, d'une dissipation thermique performante, en sus du côté évolutif...
 
 
 
- L'envers du décor pour la partie création digitale, by Loïc / Synesthesis -
 

Si vous n'avez pas les compétences pour monter votre propre machine, il existe des boutiques d'informatique, et des vendeurs en ligne qui peuvent s'en charger. La plupart des Logiciels de Vjing sont capables d'instructions MIDI. On peut donc les piloter avec les mêmes contrôleurs qui sont utilisé pour des logiciels de production audio (Ableton Live!, Fruity loops etc... ). Cependant, la plupart sont pré-paramétrés pour les logiciels les plus courants en Audio (Ableton notamment). En conséquence, il faut s'attendre à de nombreuses heures de configuration(s), et de prises de tête pour obtenir un résultat utilisable et viable en live.
 
 
 
 
Conseil concernant les Logiciels :
 
Il n'y en a pas vraiment. Il faut juste passé beaucoup de temps à les comprendre, afin d'en tirer toute la quintessence ! (idem en MAO). Il faut se concentrer sur un Logiciel et une fois qu'on est capable de l'utiliser couramment, passer au suivant. Si l'on veut progresser, il n'y a jamais réellement de fin. Les possibilité se démultiplient à mesure que l'on maîtrise un logiciel, puis l'un, puis l'autre. C'est quasi exponentiel. Une certaine compréhension de la langue anglaise est pré-requise et non-négligeable. Les documentations des Logiciels, des contrôleurs Midi, les nombreux tutoriels concernant la composition vidéo sont majoritairement en anglais. Ne pas comprendre, c'est passer à coté d'une masse d'information considérable. C'est une pratique qui demande d'acquérir beaucoup de compétences. Mais à cœur vaillant rien n'est impossible ! Bonne Chance ! :B
 
Hardware :


Matériel de vidéoprotection : Acer P7505 x1 / 5000 Ansi Lumens / Résolution 1920*1080 (en panne Actuellement :B) | Acer P6600 x1 / 5000 Ansi Lumens / Résolution 1920*1200 | Acer P1387W x2 / 4500 Ansi Lumens / Résolution 1280*800 Matériel/composition informatique :  AMD Ryzen 7 1700X | nVidia GTX1080 | 32 GO de RAM DDR4 // Contrôleurs Midi : Novation Launchcontrol / Launchcontrol XL / Launchpad S | TechTool Midi Fighter Twister // Logiciels de création des visuels :  Adobe Illustrator / Photoshop / After Effect / Cinema 4D // Logiciels utilisés en live (Mapping / Vjing) : Resolume 6 / Bome Midi translator.