0
Histoire de la musique électronique

Les premières œuvres électroniques, par Stockhausen

Les origines de Karlheinz Stockhausen :

Le 22 août 1928, vînt au monde Karlheinz Stockhausen, à Mödrath, près de Cologne, en Allemagne. Originaire d’une famille catholique de souche paysanne, Karlheinz Stockhausen vivra ses premières années dans des conditions matérielles précaires, accentuées par les difficultés de l’après première guerre mondiale, ainsi que la montée en puissance du nazisme. En 1939, son père qui était alors instituteur, s’engagera comme volontaire dans la Wehrmacht et disparaîtra en Hongrie.

En 1941, sa mère sera internée dans un hôpital, suite à une dépression. Elle sera exécutée sur ordre du gouvernement ! A l’âge de 13 ans, Karlheinz devînt orphelin. Plus tard, il travaillera dans un hôpital de guerre et comme ouvrier agricole dans une ferme. C’est à cette période qu’il apprendra à jouer du piano et du violon, grâce à l’organiste du village…

En 1947, Karlheinz sera accepté dans une classe de piano au Conservatoire National de Musique de Cologne. Par la suite, il suivra des cours de philosophie allemande, et de musicologie à l’Université de Cologne (jusqu’en 1951). L’année d’après, il suivra des cours avec Olivier Messiaen à Paris.

Karlheinz et la RTF :

Karlheinz fréquentera dans le même temps, le groupe de la RTF dirigé par Pierre Schaeffer (dont je vous avais déjà parlé lors d’un précédent numéro d’Histoire de la musique électronique). Il y réalisera le projet ”Etude”. En fait, Stockhausen se tournera assez rapidement vers le travail de la structure oscillatoire du son, c’est à dire vers la musique électronique, par la synthèse additive.

Après le bref intermède chez Pierre Schaeffer, avec lequel il se brouillera vite, lui reprochant de n’effecteur que du ”simple collage de bandes audio”, Karlheinz Stockhausen reviendra en Allemagne. Là, il participera à la création du studio de musique électronique de la radio W.D.R. de Cologne (Studio für Elektronische Musik des Westdeutschen Rundfunks Köln).

C’est à ce moment que Stockhausen composera ses deux premières études électroniques entièrement composées de sons sinusoïdaux. Après cela, Il entamera une synthèse de la musique électronique et de la musique concrète, qui l’amènera à la création d’une oeuvre que l’on considère encore à ce jour comme la véritable première composition de valeur artistique, en matière de musique électronique : Gesang der Jünglinge.

Gesang der Jünglinge.

L’oeuvre s’apparente à une voix d’enfant, enregistrée et transformée, une sorte de dialogue de sons sinusoïdaux… Malgré des conditions acoustiques vieillissantes, ce chef d’œuvre garde, à ce jour, toute sa fraîcheur ! Une piste à écouter au moins une fois dans sa vie, rien que pour son côté historique et culturel…

Ensuite, Stockhausen enseigna aux cours d’été de Darmstadt. Il y reviendra tous les ans jusqu’en 1974 et en restera conseiller permanent jusqu’en 1990. A la suite de ses études en statistiques à l’Université de Bonn, Stockhausen commencera également à s’intéresser à la musique aléatoire.

Il prendra alors conscience d’une autre manière d’écouter la musique : au travers d’un voyage dans le son plutôt que “par le biais d’une compréhension analytique d’une simple grille d’événements”. Aujourd’hui, on peut affirmer avec certitude que Karlheinz Stockhausen est le premier homme à avoir composer un morceau de musique électronique (expérimentale).

Voila, j’espère que ce portrait vous aura plu, et si cela vous tente de rentrer un peu plus dans le détail, je vous invite à lire cet article, dont je me suis fortement inspiré pour l’écriture de ce texte. Ci dessous, le morceau original Gesang der Jünglinge, par Stockhausen. Dans le prochain épisode d’Histoire de la musique électronique, on rentrera (enfin) dans le vif du sujet, avec des styles que vous connaissez bien^^. Allez, à très bientôt, sur LeDiscographe.fr !

No Comments

    Leave a Reply

    efficitur. id felis sed tempus leo. pulvinar tristique justo dolor.