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Mid Wooder
Interviews

[Mid Wooder] Manager of Physical Records

Mid Wooder, c’est avant tout un DJ/producteur aux sonorités hors pairs, et au talent indéniable : de la Minimal à la Hardtechno, l’artiste revisite divers répertoires de la musique électronique, avec brio et originalité. Le Lyonnais a débuté son parcours dans les années 90, avec le mouvement des Rave Party’s, avant de fondé son label au courant de l’année 2008. Il est à ce jour un élément incontournable de la scène alternative française, et c’est donc avec honneur, et un peu de fierté aussi, que je partage avec toi, cher internaute, cette interview exclusive de Mid Wooder, pour LeDiscographe.fr !

L’interview :


Bonjour Sébastien ! Très heureux que de pouvoir interviewer un artiste de ta trempe ! je te remercie d’avance pour le temps que tu m’accorde aujourd’hui. Parles nous un peu de ton parcours, et de ta carrière musicale.

J’ai commencé à pousser des vinyles en 1996, à l’âge de 15 ans, grâce à un ami qui possédait de vieilles platines ETP chez lui … c’était folklo’ ! Après quelques mois d’entrainement, je suis allé me tester dans divers concours de disc-jockey mais je ne me retrouvais pas du tout dans ce milieu ”commercial”… c’était super chiant à mon goût ! Pour ma part, il manquait avant toute chose, une réelle culture de la musique électro ! 🙂

A l’époque, j’étais très House music et Hardcore/Gaber : j’adorais le label Subliminal, qui était une référence en matière de House en son temps, et j’aimais également les compilations Thunderdome, et Transcore Vol 1/2/3 (etc….) , qui me faisaient vraiment vibrer ! Un des mixes de Guillaume La Tortue et Jérôme Pacman me rendait dingue aussi ! C’était Techno Rave Master je crois. Je l’écoutais en boucle… Et puis les Daft Punk nous pondaient encore de bons morceaux : j’aimais particulièrement tous ces styles de Techno et de House. C’est entre 1997 et 1998, que j’ai réellement basculé vers la scène électronique underground : soirées alternatives, Rave & Free Party’s, m’ont emmenées la ou je rêvais d’aller…

Je ne trouvais pas mon bonheur ailleurs ! J’ai été un membre actif des sound system Izif et Sono Pirate, pendant de nombreuses années. J’ai bossé sur une émission purement électro sur Radio Cactus, qui s’appelait “WAVE”. Je me suis produit sur de nombreux festivals et dans de nombreuses salles de concerts, à travers la France, l’Italie, le Portugal, mais aussi la République Tchèque, et la Suisse.

Par la suite, j’ai crée le label Physical Records, et également son sub label Physical Records Séries. C’est par l’intermédiaire de toutes ces folles années d’organisations, de rencontres, et de voyages, que je me suis forgé une culture Techno. C’est grâce à tout cela que j’ai eu l’opportunité de me produire sur scène et pour de nombreux labels Techno.

Tu as commencé par le mix vinyles/CD, avant de te lancer dans la production ?

J’ai commencé à faire du piano, et du synthétiseur à l’âge de 12 ans. C’est une personne de ma famille qui m’a appris les bases des accords. J’étais déjà très intéressé par les sons “modernes”, comme Jean Michel Jarre, par exemple. Le mix est arrivé par la suite, mais j’étais jeune tout de même ! 🙂

Qu’est ce qui t’a donné l’envie de produire de la musique électronique ?

La liberté de composer et d’échanger la musique que je veut, et à laquelle je pense, pour ensuite la mixée sur vinyles ou en numérique, tout simplement : c’est ma vie !

Y’a t’il des artistes qui t’ont inspiré, ou qui t’inspirent encore ?

Oui bien sur ! J’étais fan de beaucoup d’artistes et de labels qui m’ont amené vers la musique électronique : Aphex Twin (Richard D. James), Speedy J., Josh Wink, Woody McBride… mais aussi des DJ tels que Dave Clark, Carl Cox, Jeff Mills, Laurent Garnier, ou encore Sven Vath. Ils envoyaient de gros sets Techno déjà à l’époque ! J’adorais des labels comme Dropbass, Industrial Strenght, Axis, Future Frontière, Reload… Je pourrais en faire une liste énorme, mais on va en rester la !

Parles nous de ton label… personnellement je suis fan !

Physical Records est un label de musiques électroniques indépendant, fondé en 2008, et c’est maintenant aussi une association à but non lucratif, basée sur la région de la Loire. Notre but, c’est de promouvoir la culture de la musique électronique, et les artistes émergents, par le biais de la production et de la distribution d’œuvres musicales, ainsi qu’aux travers de supports physiques tels que le vinyles, le CD, mais aussi par l’intermédiaire du numérique. Nous faisons aussi de l’organisation d’événements culturels comme des concerts électroniques en festivals, club(s), ou salles de spectacles. Ce label a entièrement été créé par plaisir du partage musical entre artistes.

Vous êtes combien à y bosser ?

Au début, nous étions deux : Mik (Mik Izif, également connu sous le pseudo de XAXA), et moi même, alias Mid Wooder. A ce jour, la famille s’est agrandie : nous travaillons désormais avec ToolBox Records, à Paris, pour la co-production de vinyles, ainsi que pour la distribution des disques. Le secteur numérique, est entièrement géré en interne, et distribué par le biais d’un label Anglais.

La classe ! Vous occupez vous du mastering, de l’infographie, et du pressage en interne ?

En ce qui concerne le mastering vinyles, c’est toujours chez les Anglais que ça se passe. Pour le secteur du mastering numérique, c’est en général nous qui nous en occupons, pareil pour les macarons vinyles d’ailleurs. Pour le pressage, on bosse en co-production avec notre distributeur ToolBox (à Paris), qui suit les courts du marché des pressages vinyles, à la lettre. Cependant, et en règle générale, on travaille avec une boite Hollandaise 🙂

D’où vient le nom de ton label : Physical Records ?

Il fallait créer un label Techno qui soit à la fois, physique et radical sur le Dancefloor : Physical Records, c’était parfait !

Quels sont les objectifs que tu te fixes actuellement, et pour les temps à venir ?

Actuellement, nous essayons de faire vivre le label par le biais de productions vinyle(s) et numérique(s). L’objectif, est de sortir au moins deux disques par an, (ce qui n’est pas évident), mais également quelques EP’s en digital, histoire de garder une certaine visibilité sur le net. A l’avenir, je pense que l’on va se concentrer au maximum sur la production de disques vinyles, plutôt que de miser sur le numérique.

En effet, je trouve que l’on est trop noyé “dans la masse” avec le digital. On considère le vinyle comme une pièce de collection, et nous préférons de loin ce support à un track qui se prostitue sur Beatport, ou les autres plateformes de ce genre. Par contre, j’aimerai vraiment pouvoir mettre en place un système de vente en ligne des morceaux numériques du label.

C’est vrai qu’en numérique, la concurrence est encore plus dure ! Mik Izif, Kardinal, A. Paul & Dolby D… tu bosses avec de grosses pointures ! Y’a t’il d’autres artistes avec lesquels tu aimerais particulièrement travailler ? que ce soit pour un pressage ou une tournée, par exemple ?

J’aimerais beaucoup faire un EP avec Electric Rescue.

Mid Wooder, pour LeDiscographe.fr.
Comment définirais tu la culture électro-underground à l’heure actuelle ? Comment vois tu la chose ?


Pas de véritable définition, il faut vivre cette culture et ne pas oublier pourquoi on y adhère. Il y a eu de très belles soirées underground ces derniers temps : entre Raves et Free Party’s… Les quelques soirées du genre dans lesquelles je suis allé jouer, il y avait toujours du positif, et toujours en mode Good Vibes ! Je me sentais comme il y a 10 ans en arrière. Il y en a moins, des soirées de ce type, mais elles sont de meilleure qualité ! Les organisateurs mettent vraiment le paquet, d’année en année, sur la décoration ET la musique.

Effectivement… j’ai bien l’impression que cela dépend aussi de la région. Et sinon, c”est devenu une tradition sur ce portail : on aime bien parler matos avec les artistes que l’on interview… peux tu nous parler de ton setup ? Tu utilises plutôt du hardware ou du software pour la composition et la production ? tu est plus MAO ?

J’utilise les 2 technologies dans mon home-studio : le hardware & le software. Imac 27″ équipé d’un processeur Intel Core I5, interface audio MOTU Light 8×8, contrôleurs Akaï APC40 & Evolution UC-33, clavier maître Roland 61 touches, synthétiseurs Liepzig-s, Bass Station 2, Access Music Virus TI Snow, Drum Machine, Drum Station, Roland TR-606.

Puisque tu utilises du hard et du soft, tu as sans doute un séquenceur, ainsi que des plugins VST que tu affectionnes tout particulièrement ?

Je bosse avec Ableton Live et Logic Audio en VST. J’utilise également Mashine de Native Instruments, Wave et bien d’autres…

Pour le live, une configuration de prédilection ?

Setup à base de Macbook Pro 13″, carte son MOTU Ultra Light, APC40 et Mashine (Native Instruments). J’utilise aussi, de temps en temps, mon Virus TI Snow.

Concernant les performances live, laisses tu la place à l’improvisation ? ou prépares tu ton set en amont, afin d’en tirer le meilleur parti possible lors d’un événement ?

Alors j’enregistre en audio pour éviter d’emporter tout mon matériel. Selon la soirée, je me prépare un live à l’aide de morceaux ou de remix que j’ai composé, et j’apporte de la rythmique et/ou des FX à l’aide d’un sampler.

Ok super intéressant ! Et bien voila : c’est déjà la fin de l’interview ! Pour conclure, je tenais encore une fois à te remercier, Sébastien pour le temps que tu m’a accordé. Je voulais également remercier Romain (Roman M, allez checker son Soundcloud), qui en plus de m’avoir tendu la main, nous a également mis en relation, dans l’optique de cette interview ! Merci à vous deux, et gardez vôtre ouverture d’esprit véritablement admirable, et qui vous caractérisent tous les deux 🙂 Bonne continuation et à très vite, sur LeDiscographe.fr.

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4 Comments

  • Reply
    Heroicsonicman
    janvier 9, 2020 at 8:20

    Yes Physical Records j’adore de la tuerie mec ! 🙂

  • Reply
    Didier
    janvier 9, 2020 at 9:58

    Trop cool j’adore ce label et cocorico : c’est français !

  • Reply
    Goretek
    janvier 11, 2020 at 2:21

    Yes et en plus il est mignon j’ai vu ça sur FB..

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